2 In Carnet de voyage

Rêverie n°1 : Premiers Pas en Corée du Sud



4 août ~ 1er Septembre 2014

C’est, accompagnée d’une camarade de ma promotion de coréen que je suis partie à l’aventure en Corée du Sud, ce petit pays de 50 millions d’habitants. Etant mon tout premier voyage, l’excitation, l’appréhension, la peur, la joie se mélangeaient. Beaucoup de « premières fois » m’attendaient comme l’étranger, l’avion, l’immersion dans une autre société, et bien plus encore. Le but de ce voyage était celui de découvrir pour la première fois le pays de la culture que j’étudie tous les jours et celle avec laquelle j’ai pour projet de baser mon futur professionnel. Ce voyage m’a aussi permis de répondre aux questions suivantes : Est-ce réellement ce que j’aime ? Serais-je prête à travailler/vivre en Corée du Sud ? Ce voyage était donc pour moi très important à réaliser.

 

 

Le voyage a duré 29 jours et le programme était le suivant : les 4 premiers jours à la capitale (Séoul) afin de nous familiariser à l’environnement. Nous avons ensuite passé 2 jours dans une ville historique, l’ancienne capitale de la Corée qui est la ville de Gyeongju (경주). Puis pendant 3 jours, nous sommes allées découvrir la deuxième plus grosse ville de la Corée du Sud : Busan (부산). Pour terminer, nous sommes retournées à Séoul pour environ 3 semaines.

 

 

 


L’immersion dans la vie quotidienne coréenne

 

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Quartier de Myeongdong 명동, Séoul

C’est à Séoul que nous avons passé le plus de temps et également là où nous avons découvert le quotidien des coréens. Leurs habitudes, leurs attitudes et la façon dont toutes ces vies différentes se mélangent. Etant un pays maintenant très évolué et Séoul une ville très dynamique, il n’est pas rare de croiser des hommes en chemise-cravate et des femmes en tailleur. Quant aux jeunes et jeunes adultes, leurs tenues sont à la pointe de la mode locale ; ce qui fait qu’il n’est pas étonnant de croiser 20 fois la même paire de chaussures en une journée. Les jeunes hommes sont aussi soigneux et soucieux de leur apparence que les jeunes femmes. Cependant les personnes âgées semblent penser que prendre soin de leur apparence n’est plus de leur âge, ce qui résulte des tenues aux couleurs flashy et motifs en tout genre.

Séoul ne connaît pas le silence ni l’obscurité. Bruyante et très éclairée par les multiples enseignes des restaurants, magasins, karaoké et autre, le dépaysement est immédiat. Ces deux caractéristiques, qui sont pour les coréens les raisons principales pour détester Séoul, ne m’ont pas dérangées. Cherchant le dépaysement, m’adaptant rapidement et connaissant les raisons de cette surconsommation de lumières et de bruits, je me suis rapidement sentie familière dans cet environnement.

Malgré la foule et l’agitation, le rythme de vie soutenu des coréens m’a paru moins visible que celui des parisiens dont le stress est palpable en permanence. Avec très peu de vacances dans l’année, les coréens travaillent beaucoup et ce jusqu’à tard dans la nuit. Nous avions vu des bureaux allumés jusqu’à 23 heures et certains de mes amis quittaient parfois leur lieu de travail sur les coups de 4 heures du matin.

Concernant le climat, il était difficile de s’y adapter rapidement car l’air était très chaud et très humide malgré que les rayons du soleil ne nous frappent pas aussi directement qu’en France. Nous avons subi quelques typhons qui apportaient de la pluie chaude ne rafraichissant donc pas l’air. Concernant la cuisine coréenne, nous avons pu découvrir le véritable goût des plats déjà goûtés en France et des nouveaux ainsi que les alcools nationaux. En d’autres mots: une tuerie.

 


 

Découverte de la richesse culturelle

Ma passion pour la Corée ne se limitant pas uniquement à la langue, l’histoire est aussi l’une des raisons pour laquelle j’ai un fort attachement à ce pays de par ma sensibilité face à leur parcours. Nous avons visité de multiples temples conservés au cœur de la capitale de Séoul, entourés par des gratte-ciels ; ou bien sur les rochers au bord de la Mer de l’Est comme au temple Yonggungsa 용궁사 dans la ville de Busan 부산:

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Les restes historiques sont essentiellement des temples mais aussi des musées. Le Mémorial de la Guerre de Corée 전쟁기념관 m’a particulièrement touché car cette guerre a fini par séparer le pays en deux en séparant des familles et marque donc encore aujourd’hui une profonde blessure. Dans le mémorial, un hommage touchant est adressé aux pays ayant participé à cette guerre dont la France.

Dans la ville de Gyeongju, nous avons visité des tombes royales qui ont la particularité d’être en forme de colline plutôt que d’être au ras du sol comme en France. A Gyeongju et à Séoul, nous avons eu l’occasion également de visiter des villages de maisons traditionnelles coréennes qui ont survécu à la modernisation du pays. L’architecture de ces maisons, typique en Asie, est impressionnante. Je suis assez triste que la modernisation rapide de la Corée ait eu pour conséquence de remplacer ces maisons par des immeubles immenses se ressemblant (아파트 단지).

 


Etre étrangère en Corée du Sud

 

La question que l’on se pose avant de partir en voyage dans un pays où il y a peu d’étrangers est généralement : comment vont-ils nous regarder ? Car la Corée du Sud est un pays qui s’est ouvert récemment, il y a donc encore une certaine méconnaissance des étrangers occidentaux par les coréens. Il y avait les regards curieux, les très curieux et les trop curieux. Mais ces regards étaient sans jugement, simplement remplis de curiosité. Être étrangère et parler la langue du pays est d’autant plus étonnant pour les coréens qui s’attendaient à m’entendre parler en anglais. Je pouvais sentir le soulagement sur le visage des vendeurs.

Comme énoncé plus haut, les coréens connaissent mal les étrangers mais l’image que leur évoque l’Europe et surtout la France est si bonne qu’il n’est pas rare de croiser un mot français comme nom d’enseigne ou bien sur les objets. Le terme « haute » étant énormément utilisé pour exprimer le luxe. Il existe également un quartier français près du quartier Gangnam dans lequel il y a un parc nommé « Montmartre Park ». La France fait rêver les coréens à tel point qu’il existe à tous les coins de rue des enseignes inspirées des boulangeries : Paris Baguette, Paris Croissant, Tous les jours (mais pas vraiment français…)

 


Et l’usage de la langue dans tout ça ?

 

Ma deuxième année de licence de coréen fraichement terminée, je suis partie avec des bases et un niveau de conversation basique. Cependant la première semaine fût difficile au niveau linguistique car l’apprentissage du coréen étant plus favorisé à l’écrit qu’à l’oral et vivant en France, la compréhension orale et l’expression orale étaient notre point faible. Ajouté à cela l’accent du sud (Busan) très fort et très difficile à comprendre (mais tellement drôle!). Cependant après une semaine passée, nous avons rencontré beaucoup d’amis coréens avec lesquels nous avons parlé uniquement en coréen. Et sans nous en apercevoir, notre compréhension orale s’est améliorée et nous avons acquis plus d’aisance à l’expression orale. Il nous était de moins en moins difficile de tenir une conversation pendant plusieurs heures.

Anecdotes :

  • Certains de mes amis coréens sont des rencontres faites par internet. Lors de la véritable rencontre, le stress était à son comble car étant au milieu de la foule coréenne, il était impossible de reconnaître un coréen parmi un autre. Nous étions obligées de vérifier tous les regards qui pourraient se poser sur nous ce qui était très stressant mais assez amusant.
  • Nous sommes parties à l’aventure un soir avec des amis coréens pour aller voir le lever du soleil à l’autre bout de la Corée, du côté de la mer de l’Est (à l’opposé de Séoul). Ce qui a valu 4 heures environ de route mais un spectacle inoubliable.
  • Cet homme venu de nulle part, pointant la tête sur la carte de Séoul que nous regardions et nous demandant ce que nous cherchions.

Bilan

 

Ce voyage est aujourd’hui le plus beau souvenir de ma vie et le meilleur que j’ai pu rêver jusqu’à présent. L’accomplissement d’un rêve qu’on pensait ne pouvoir réaliser. Il a également été très important concernant les questions que je me posais sur mes projets et mes envies. Je peux enfin répondre avec assurance que j’aime réellement la Corée dans son entier avec ses avantages et ses contradictions. Je me suis sentie également très à l’aise là-bas, j’ai réussi facilement à me projeter dans ce pays. Je suis devenue très impatiente d’y retourner au plus vite. Partir pour la première fois à l’étranger m’a également changé, m’a fait ouvrir les yeux sur la grandeur du monde et la diversité des sociétés. J’ai réalisé que nous étions vraiment enfermés dans une société avec une seule vision du monde.

Bref, partez.

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2 Comments

  • Reply
    Tan
    15 mars 2017 at 16 h 59 min

    L’article etait agreable à lire. Tu n’as pas beaucoup parlé des quartiers mais plus de ton ressentie et c’est normal, cela donne envie mais chacun devrait faire sa propre opinion sur le pays et surtout y passer plus de temps.

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    • Reply
      Nayoung
      23 mars 2017 at 20 h 19 min

      Merci ! Non je ne suis pas rentrée dans les détails car à vrai dire il y en a tellement. C’est plus un résumé qu’un réel récit car il y a vraiment trop de choses à dire.

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